Comment nous avons perdu 80€ à Cuba (mais ça en valait la peine)

Oui, on a perdu 80€ à Cuba, non, on ne s’est pas fait voler, ni arnaquer.

Et pourtant on aurait pu éviter cette dépense, ou choisir de ne pas la perdre, mais nous avons choisi la dernière option, perdre cet argent, sans hésiter et sans regrets.

 

Tout d’abord, il faut planter le décor.

Nous avions 3 semaines à Cuba, et l’envie de découvrir toute l’île. Pour nous, cela impliquait aller jusque la pointe est de l’île (là où peu de personnes vont), on voulait voir ce qu’il y avait à découvrir de ce coté là aussi. De plus, la dernière semaine de notre voyage coïncidait avec le carnaval de Santiago de Cuba, le plus grand carnaval de l’île, il était hors de question de rater cet événement.

Nous avons donc commencé à organiser nos transports vers Santiago… Et c’est là que les soucis ont commencés:

Santiago c’est loin, et avec le réseau routier de Cuba, ça prend beaucoup, beaucoup, beaucoup de temps pour y aller. Nous avons ainsi décidé de couper le trajet en deux depuis Trinidad en faisant une halte à Camaguey.

C’est lors de cette halte supposée durer une nuit que nous nous sommes rendus compte que le carnaval attirait beaucoup de touristes et que les bus dans les deux sens se remplissaient (très) vite.

En effet, lorsque nous avons voulu acheter notre billet du lendemain Camaguey -> Santiago en arrivant, nous nous sommes retrouvé confrontés à un problème de bus complets.

C’est donc le surlendemain que nous partons pour Santiago de Cuba. Après avoir gagné une journée supplémentaire pour découvrir la ville aux églises.

Eglise de Camaguey

Eglise de Camaguey

Vu le souci rencontré à l’aller, nous décidons de réserver nos billets de bus directement en arrivant à Santiago. Nous calculons 4 jours sur place vu les points d’intérêt que nous avions noté dans le guide.

Il est trop tard lorsque nous arrivons aux bureaux de Cubanacan, l’agence de tourisme, pour nous renseigner sur les excursions, notre premier jour à Santiago se limite donc à un mojito sur un rooftop et aller voir le dernier jour du Corso Infantile, le carnaval des enfants, qui nous donne un avant gout du grand carnaval qui commence le lendemain.

Premier véritable jour à Santiago, nous nous rendons en agence de tourisme afin de réserver des billets pour le carnaval, et obtenir des renseignements sur les excursions de la journée.Les billets pour le carnaval sont une formalité vite réglée, mais c’est sur la suite que nous avons commencé à déchanter: les excursions sont (très) chères et/ou pas intéressantes.

Vu les prix proposés, on sait que même si on zappe l’agence et prenons un taxi (ce qui était notre plan à la base), ça restera cher pour l’excursion proposée…

On échange un regard: il est clair qu’on est sur la même longueur d’ondes: Santiago va être écourtée, on prend la journée pour les musées et une ballade en ville, on profite du carnaval le soir, et demain on part pour ailleurs.

Oui mais, on a nos billets de bus.

Sans réels espoir nous passons à l’agence agréée pour les bus Transtour en ville, ils ne peuvent rien pour nous mais nous pouvons essayer directement à la gare. Nous prenons donc un taxi vers la gare, où nous aurons un dialogue de sourds avec l’homme au guichet.

C’est clair, il est impossible de changer nos billets.

Bus scolaire à Santiago de Cuba

Bus scolaire à Santiago de Cuba

Et c’est là qu’il fallait poser un choix:

  • perdre nos 80€ de billets, laisser tomber le bus et prendre un taxi pour retourner vers l’ouest, probablement Santa-Clara, destination qui nous tentait fortement pour son aspect historique, et que nous avions du rayer de notre programme pour pouvoir venir à Santiago
  • garder nos billets de bus à 80€, et rester encore 2 jours à Santiago, à ne rien faire où payer des excursions et visites qui ne nous intéressait pas.

Sur Santa-Clara, les visites qui nous intéressaient étaient gratuites. Nous avons pu négocier un taxi collectif qui devait repartir vers La Havane afin qu’il nous dépose à Santa-Clara, au meme prix que le bus… Autant dire une très bonne affaire!

Nous avons donc perdu nos billets de bus, et en échange nous avons pu voir une ville qui nous tenait à coeur, et éviter de nous ennuyer dans un endroit qui ne nous intéressait vraiment pas. Car sans voiture de location, nous étions un peu bloqués point de vue possibilités.

Je pense que si nous étions resté deux jours de plus comme prévu à Santiago, nous aurions largement dépensé cette somme en activités…

*J’arrondis les prix, en réalité le bus coutait 74CUC et le taxi 80CUC.

Mosaique dans les rues de Santiago de Cuba

Mosaique dans les rues de Santiago de Cuba

Statue à Santiago de Cuba

Statue à Santiago de Cuba

Bien sur quelque part, j’ai un peu la rage d’avoir dépensé cet argent pour rien. N’allez pas pensez que j’avais 80€ à perdre (non mais chuis pas richissime hein).

Mais la somme rentrait dans mon budget voyage. Quand je pars, j’estime mes couts sur place, et je prévois une enveloppe pour partir. Si je dépense moins que prévu et que je rentre avec des sous en rab’ ça fait bien sur toujours plaisir. Mais ces 80€ issus de mon enveloppe voyage étaient de toutes façon budgetisés et je ne me mettais pas dans le rouge en les laissant partir.

Si vous avez du mal avec l’idée de “perdre” de l’argent comme ça, je vous invite à regarder cette vidéo de Science étonnante qui explique assez bien la problématique.

 

Bien évidement à refaire, je ferais plus attention avant de bloquer mon agenda avec des réservations.

 

Note sur Santiago de Cuba

Si nous n’avons pas eu une forte impression sur Santiago, cela reste notre ressentit personnel. 🙂  Je pense que l’est de Cuba reste intéressant:

  • si on a plus de temps, afin de pouvoir aller sur Baracoa qui a de très bon échos.
  • Avec une voiture de location: afin d’avoir la liberté d’aller explorer les alentours, sans devoir prendre une excursion comprenant un passage obligé par la vallée de la préhistoire *sic*.
  • Le carnaval vaut le détours ! (sauf si vous êtes un habitué du bresil, apparemment Santiago a du mal a tenir la comparaison et est un peu décevant 😉 )

 

 

Catégories : Amérique, Cuba et Voyage.

Comments

  1. Il m’est arrivé aussi de “perdre” de l’argent comme ça, pas autant, mais quand même. Ou par exemple, de ne pas assister à des spectacles que je devais voir parce que j’avais fait des rencontres sur place. Mais justement, c’est aussi cet imprévu qui fait le voyage et parfois il faut savoir écouter son feeling et se dire “tant pis” plutôt que de passer de moins bons moments.

    • Puce

      Oups j’étais persuadée d’avoir répondu… ^-^’
      (ça c’est quand on fait 300 trucs en même temps :/ )
      Le tout est de rester positif et de voir le bon coté de chaque situations… 🙂

  2. Ahaha c’est beaucoup trop drôle, avant d’arriver à la fin de l’article je pensais déjà à te sortir dans les commentaires cette idée de coût irrécupérable. C’est assez agréable d’en être conscient et de choisir de ne pas trop rager 🙂
    Et sinon, je me demande si la plupart des gens font comme toi et prévoient une enveloppe puis comptent les dépenses. Pour ma part, je ne roule pas sur l’or non plus mais je pars quand j’estime tout à fait à la louche que j’ai assez de tout. Une fois sur place je juge simplement les activités sur le prix que je n’aimerais pas dépasser et j’essaye de compenser les folies par des moments raisonnables.

  3. Puce

    C’est toujours un peu spécial le rapport qu’on a avec l’argent… 🙂

    Franchement avant d’entendre parler de ce biais cognitif, j’étais en plein dans le “ne pas gaspiller”. 😀

    Maintenant, on aurait choisi de rester à Santiago, je suis sure qu’on se serait également fait de très bons souvenirs et découvertes. Finalement dans ces cas là, le plus important c’est de rester positif. 🙂

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