japonaises en Kimono dans un sanctuaire

Une journée en Kimono à Kyoto

Japon - 30/01/2022

Porter un jour un Kimono faisait partie de mes rêves de petite fille. J’ai toujours été fascinée par les tenues traditionnelles, et le kimono en faisait partie ! De façon honnête, j’avais un peu perdu de vue ce souhait, jusqu’à ce que je découvre qu’on pouvait louer des kimonos à Kyoto pour la journée !

Il n’en a pas fallu plus pour allumer des étoiles dans mes yeux, et décider de façon unilatérale et non négociable, que j’en essayerais un ! (Tant pis pour Monsieur Puce qui n’était pas vraiment dans ce délire !)

Moi même, en kimono à Kyoto

En arrivant au Japon, on découvre assez rapidement que le kimono est loin d’appartenir au passé. De nombreux japonais.e.s continuent de le porter, notamment dans les temples et sanctuaires.

Et si dans certains endroit la location (et la vente) de kimonos ressemble un peu à un carnaval bas de gamme pour touristes naïfs, on trouve également de très nombreuses enseignes tout à fait sérieuses.

Vous aussi rêvez de parcourir des temples et sanctuaires vêtu.e d’une de ces si jolies tenues ? (Il existe bien sûr le pendant masculin)

Vous vous demandez combien coute la location ? S’il est facile de se promener en ville en kimono ? Et si on ne va pas vous regarder bizarrement ?

C’est parti pour un petit retour sur mon expérience et les conseils que je peux vous donner après avoir porté ce vêtement durant toute une journée.

Louer un kimono à Kyoto

Il est 7h00 du matin, mon réveil sonne. Ensommeillée je le coupe en souriant : aujourd’hui je me lève tôt car j’ai rendez-vous dans une boutique de location de Kimonos !

J’ai réservé ma location bien à l’avance. Non pas que le nombre de kimonos disponibles soit limité, mais les créneaux horaires pour l’habillage bien !

Eh oui, on n’enfile pas un kimono comme une vulgaire robe, et il vous faudra un petit moment ainsi que l’aide d’une habilleuse pour venir à bout des différents morceaux et nœuds !

Entre l’arrivée à la boutique et la sortie une fois apprêtée, il faut compter 1h (!).

Dans ce laps de temps, il y a aussi du temps passé à attendre entre les différentes étapes, mais vous l’aurez compris, la transformation ne va pas se faire en 2 minutes.

D’où l’intérêt de réserver son kimono ! Vous aurez ainsi un créneau tôt dans la journée, vous laissant le temps de profiter de l’expérience !

Comment se passe l’enfilage du Kimono ?

Arrivée en boutique, vous confirmez votre réservation, et direction la garde-robe (immense) pour choisir votre tenue du jour.

Un véritable festival de couleurs et motifs !

Des personnes sont sur place pour vous aider (en anglais) en fonction de vos gouts (à fleurs, à motifs, une couleur en particulier, …). Mais également pour assortir votre kimono avec un obi, la fameuse ceinture.

Une fois votre choix posé, direction l’habillage.

Oubliez toute pudeur, ça se fait dans une salle commune ! (Il y a juste une séparation hommes/femmes)

Japonaise retouchant la coiffure d'une amie dans la rue

Si la température est plutôt fraiche, prévoyez un t-shirt, voire un t-shirt à manches longues (à col large pour ne pas qu’il se voit sous le Kimono), ainsi qu’éventuellement un leggin 3/4 à garder en dessous, surtout si vous comptez rester plutôt en extérieur. Pas de collants par contre, ça vous empêcherait de revêtir les zoris, les chaussures complétant la tenue.

C’est parti pour l’enfilage : sous-robe, sous-kimono, kimono, obi… et un nombre incalculable de nœuds !

Au début du printemps, j’avais mis un t-shirt à manches longues ainsi qu’un minishort, et c’était parfait pour une journée ensoleillée comme celle que j’ai eu.

En été, il fait trop chaud pour les kimonos « normaux ». Ce sont alors des Yukatas, des kimonos d’été, qui sont proposés.

Pourquoi louer un kimono à Kyoto ? (et pas ailleurs)

La location de Kimono est quelque chose de très répandue au Japon. Dans la plupart des sites touristiques, on trouve des locations… plus ou moins sérieuses.

Donc si vous ne le faites pas à Kyoto, faute de temps ou simplement parce que vous n’y passez pas lors de votre voyage, vous devriez trouver d’autres occasions assez facilement.

Mais du coup, pourquoi j’ai choisi de louer un kimono à Kyoto spécifiquement, et pourquoi je recommande ce choix ?

Déjà pour la destination ! La vielle ville de Kyoto est une véritable invitation au voyage dans le temps. Se promener en kimono dans des petites rues bordées de façades traditionnelles de bois, ça a du charme !

Sans compter bien sur les nombreux temples et sanctuaires de la ville et ses alentours.

Les endroits où laisser courir son imaginaire dans cette superbe tenue ne manquent pas !

Japonaises en kimono dans les rues de Kyoto

Ensuite parce qu’on y trouve particulièrement beaucoup de location. Je vous l’ai dit : trouver une location ailleurs n’est pas particulièrement compliqué, j’en ai vu à Tokyo, Osaka, Kamakura, par exemple. Mais à Kyoto, porter un kimono semble vraiment une activité phare de la ville… Pour les étrangers comme pour les Japonais : j’en veux pour preuve le nombre de japonais dans cette tenue traditionnelle lors de ma visite (en mars 2020 il y avait peu de touristes forcément).

Du coup, s’il y a effectivement quelques boutiques qui sont clairement des attrapes touristes, on trouve facilement des enseignes recommandées pour le sérieux de leurs locations.

C’est pour ces raisons que j’ai fait le choix de Kyoto et que je ne le regrette absolument pas !

Est-il facile de se déplacer en ville en kimono

Derrière cette question, je veux vous parler de deux aspects de la location de kimono :

  • Se fait-on remarquer habiller en kimono dans la rue ?
  • Est-ce que cette tenue est pratique pour de longues promenades ?

Pour la première question :  clairement à Kyoto vous ne vous ferez pas remarquer. Je l’ai dit, la location de kimono est quelque chose de répandu, surtout dans cette ville aux nombreux temples et sanctuaires majeurs.

Vous ne serez qu’une personne en kimono parmi les nombreuses autres. Je pense même que lors de ma visite, dans la vielle ville, il y avait plus de kimonos que de tenues « normales ».

De ce que j’ai compris, il y avait une histoire de lycéens qui fêtaient quelque chose et donc venaient porter le kimono à Kyoto. Mais on m’a clairement expliqué qu’en temps normal les touristes les remplacent largement dans les locations.

Foule en à un passage pour piétons

Je suis plutôt timide et j’ai horreur d’attirer l’attention sur moi, et personnellement je ne me suis pas du tout sentie mal à l’aise dans ma tenue du jour ! Mais j’étais tellement impatiente et heureuse de vivre cette expérience que ça a peut-être effacé toute éventuelle gêne.

Concernant le côté pratique, c’était vraiment un point qui m’inquiétait : allais-je avoir froid ? Est-ce que les zoris, ces sandales/tongs faisant partie de la tenue n’allaient pas me détruire les pieds après 100 mètres ?

Je l’ai dit en introduction : la température du jour était très agréable, moyennant une petite sous-couche. Et encore, au milieu de l’après-midi, avec le soleil, je suis persuadée que le kimono seul aurait suffi. Je ne suis cependant pas du tout certaine qu’au cœur de l’hiver, ou en cas de pluie (ouch les pieds mouillés !) ça soit aussi agréable…

Pour les chaussures, je m’attendais à souffrir le martyr après 100 mètres. Et finalement ça a été. Les zoris sont même plutôt confortables.

Effectivement après une journée de marche on sent ses pieds et on a un peu hâte de retrouver ses bonnes vielles chaussures. Mais j’ai vraiment déambulé dans la ville dans tous les sens sans économie de pas. De mémoire j’ai marché pas loin de 7km ! Avec un itinéraire plus léger et quelques trajets en bus, j’aurais certainement terminé la journée sans même penser à ces chaussures.

Finalement ce que j’ai trouvé le plus compliqué sur la journée a été l’obi.

Il s’agit de la fameuse ceinture du kimono, et c’est relativement serré. De quoi avoir un léger sentiment de claustrophobie lorsque j’y pensais ou que j’essayais de respirer un peu fort (ce qui était impossible vu le carcan qu’est la chose).

Rien d’insurmontable, et la plupart du temps je n’y pensais même pas.

japonaises en Kimono dans un sanctuaire

En résumé, porter un kimono a été une expérience plutôt agréable. J’étais contente de retrouver mes vêtements en fin de journée, mais je recommencerais l’expérience volontiers !

La dernière question pratique que je me posais sur le port du kimono était assez pragmatique : comment fait-on pipi dans cette tenue ?

Eh bien j’ai résolu le problème en n’allant pas aux toilettes de la journée. Désolée donc, pas de conseils pratiques à donner pour cet aspect, mais je suppose qu’il « suffit » de relever le bas.

Enfin une petite remarque sur un aspect de l’expérience auquel je n’avais pas pensé : entre les chaussures particulières, l’Obi serré, la jupe étroite, on marche lentement. Mais c’est aussi ce qui fait la beauté de l’expérience, on est obligé de prendre son temps, profiter, savourer, observer,…

Est-ce bien vu de porter un kimono en tant qu’étranger ?

Avant de réserver ma location de kimono j’avais quelques doutes sur l’aspect éthique de la chose.

Est-ce que porter un kimono en tant qu’étranger n’est pas déplacé ?

Je me suis un peu renseignée avant mon départ, et je n’étais pas la seule à me poser la question.

La plupart des Japonais à qui on pose la question ne voient absolument pas le problème. Ça serait même plutôt l’inverse : ils incitent les gens à découvrir ce pan de leur culture en portant ce vêtement emblématique du pays.

Je n’étais pas complètement rassurée, est-ce que je n’avais pas orienté mes recherches inconsciemment dans la direction qui m’arrangeait ? Mais j’ai pris ma décision, et j’ai décidé de tenter l’expérience.

Moi même en kimono
Oui, je me la suis jouée modèle, oui je suis nulle pour poser !

Mes doutes sont revenus une fois dans la boutique de location : j’étais visiblement la seule étrangère.

Nous étions en mars 2020, les frontières étaient en train de doucement se fermer, et il ne restait quasiment plus de touristes étrangers sur place, donc ça n’était pas complètement étonnant… mais tout de même !

Mais une fois le kimono enfilé et de sortie dans la rue, j’ai été rassurée : on ne me remarquait simplement pas ! Preuve qu’une étrangère en kimono n’était ni choquant ni extravagant ou original.

Mon repas de midi a fini de me tranquilliser lorsqu’au restaurant, nous avons été placés à une table à côté d’un couple de personnes âgées. Ces dernières m’ont fait de grands sourires à la vue de ma tenue et des hochements de tête approbateurs.

En bref, pas d’inquiétudes à avoir ! Mais je peux comprendre qu’on puisse ne pas être à l’aise à l’idée de se promener dans une tenue aussi particulière en pleine rue.

Un autre aspect de la location de Kimono est sans doutes la taille. Je n’ai aucune idée de la taille maximum pour porter ce vêtement, mais je me doute que les personnes de plus grandes carrures doivent peut-être avoir du mal à en trouver adaptés. Ainsi dans la boutique où j’ai été on offre les chaussettes

Où louer un kimono à Kyoto ?

Le moins qu’on puisse dire c’est que les adresses ne manquent pas pour louer des kimonos à Kyoto !

Pour ma part je suis allée chez Yumeyakata Gojo, et je dois dire que je suis plutôt satisfaite.

Leur site est traduit en plusieurs langues, dont le français, ce qui rend la réservation plus simple.

Sur place en revanche, ça sera l’anglais qui vous aidera. Mais pas de panique si vous ne maitrisez cette langue, on se laisse surtout guider. Le staff est habitué, et avec quelques gestes et en observant les autres client.e.s, on comprend vite ce qu’il faut faire.

Le magasin dispose d’une consigne, mais n’assure pas du tout vos objets de valeurs.

Cependant le kimono est loué avec un petit sac permettant de facilement y glisser vos portefeuille et téléphone, voir un petit appareil photo compact. Pour le reste, soit comme moi une personne vous accompagne en refusant de tenter l’expérience et accepte de porter le reste de vos affaires. Sinon pensez à laisser vos objets de valeurs à votre logement.

Le seul point un peu négatif de cette boutique est sa situation : elle est légèrement excentrée par rapport à Gion et à la vielle ville. Il faudra donc marcher un peu (ou prendre un bus) pour retourner du côté des sites touristiques. (À moins que vous ne vouliez allez profiter de votre tenue à Arashiyama ou au Fushimi Inari-taisha, dans ce cas il faudra de toutes façons vous déplacer jusqu’à la gare)

Rues de Kyoto

Il existe surement des boutiques tout aussi bien un peu mieux localisées, mais j’avais vu de nombreux avis positifs sur cette dernière. J’ai donc été vers cette valeur qui avait l’air sure.

Les kimonos étaient très jolis, de bonne qualité, pour un prix qui restait raisonnable.

Plus vers le centre touristique c’est le risque d’avoir des kimonos bas de gamme (« attrapes touristes ») et/ou très chers !

Attention cependant à surveillez l’heure, il faut penser au temps nécessaire pour rejoindre le magasin avant la fin de la période de location.

Combien coute une location de kimono ?

J’avais choisi une location « simple » (un kimono normal, sans promenade guidée dans le quartier, ni séance photo), à laquelle j’avais ajouté une coiffure (autant y aller à fond dans le style !)

La journée de location m’a ainsi coutée 4730¥ taxes comprises, soit environs 37€.

La location seule (sans coiffure donc) coutait 3850 ¥ taxes comprises (environs 30€), ce qui comprend : kimono, obi (ceinture), nagajuban (sous-kimono), hadagi (sous-robe), zori (sandales japonaises) (les chaussettes nécessaires à leur port sont offertes, les pointures disponibles vont jusqu’au 40), kinchaku (sac besace traditionnel), et châle durant l’hiver.

Une activité qui reste assez chère, mais je n’ai vraiment aucun regret ! J’ai passé une super journée, et ça valait clairement la réalisation de ce rêve de longue date !

Et vous, ça vous tenterait de porter un kimono une journée ?


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